Publié mercredi 17 octobre à 15h27

Simon Chignard, consultant et formateur indépendant, vice-président de la cantine numérique de Rennes, auteur du livre Opendata : comprendre l’ouverture des données publiques, a clôturé la conférence intitulée « Opendata, un accélérateur de la ville intelligente » en analysant la symbolique qui se cache derrière la notion.

Simon Chignard : "Une rapide recherche sur internet nous montre des images de villes verticales, et futuristes, directement issues de l’imaginaire de la science-fiction"

Car l’idée, c’est bien qu’au-delà de l’appropriation de l’opendata par certains geeks, comme les nomme Laurent-Pierre Gilliard, directeur général adjoint Aquitaine Europe Communication, il est nécessaire de toucher les citoyens et les entreprises du territoire de la communauté urbaine de Bordeaux. Donc, qu’ils comprennent de quel concept il est question. Opendata : la réalité de son enjeu aurait pu s’appeler L’opendata pour les nuls, comme le souligne l’auteur sur son blog.

Déjà, il s’agit de savoir quelle est la représentation, dans l’imaginaire collectif, d’une ville intelligente. « Une rapide recherche sur internet nous montre des images de villes verticales, et futuristes, directement issues de l’imaginaire de la science-fiction » commence Simon chignard. Ensuite, plusieurs symboles imagent la notion d’opendata. La métaphore du commerce tout d’abord, avec la pancarte Open, qui permet de rentrer dans un lieu où on se sert des données qui sont ici des produits. Plus intéressante, l’image de la clé à mollette « L’usager est alors un bricoleur de données, pas seulement un consommateur. La clé à molette introduit aussi la notion de réparation. Réparation de quoi ? De la démocratie peut-être ? ». Cet outil permet aussi de desserrer des boulons, c’est-à-dire d’ouvrir les données, et de réparer certaines machines, comme un soutien à leur fonctionnement. Sur la présentation de l’auteur, une autre icône apparaît « L’image du toit du capitole qui tombe de la structure symbolise ici aussi que les lieux de pouvoirs s’ouvrent, et on retrouve ici la notion de démocratisation des données », décrypte Simon Chignard.

Attention « l’opendata en est à ses débuts, deux ans en France, rien n’est acquis et il est prématuré de parler ici de bilan » alerte-t-il. « Je regardais ce dimanche la chute de Felix Baumgartner, qui rappelle un peu l’émotion que nous avons ressenti en en regardant les premiers pas de l’homme sur la Lune. A l’époque, c’est la Nasa qui avait payé ce rêve. Mais la chute de Baumgartner a été financée par RedBull. Avec l’opendata, c’est la même idée : les rôles de la communauté sont en quelque sorte inversés. » Reste à savoir qui sera le nouveau patron de l’opendata.

Elsa Dorey, journaliste Cap Sciences